En hommage à la flèche de l’église Saint-Joseph, cette sculpture en bronze oxydé s’élève à près de quatre mètres de hauteur. Comme un fragment prélevé dans l’architecture Perret, elle donne à voir une portion du clocher habituellement inaccessible, ramenée à hauteur de regard. D’ordinaire perçues de loin, ses lignes géométriques et rectilignes émergent ici du sol, formant une présence à la fois familière et énigmatique, comme un vestige ou une architecture inachevée.
À travers ce déplacement, l’artiste interroge les notions d’original et de copie. En détachant la flèche de son contexte pour l’installer au sol, elle inverse notre rapport à ce repère majeur du paysage havrais. Le visiteur peut ainsi en observer les détails de près, avant de retrouver à distance sa silhouette dans la ville, où elle continue de structurer l’horizon servant parfois de point de repère.
Cette œuvre dialogue avec l’installation réalisée sur les vitres de la gare. Là où la sculpture affirme une présence sombre et matérielle, les vitraux déploient une composition lumineuse et colorée. Ensemble, elles reprennent des éléments emblématiques de l’église Saint-Joseph et en prolongent sa mémoire dans l’espace urbain.
Intitulées Coupes, ces œuvres empruntent au vocabulaire du cinéma et de la photographie. Elles fonctionnent comme des prélèvements du paysage havrais : des fragments isolés et autonomes qui se détachent de leur architecture d’origine pour proposer une nouvelle lecture de la ville.