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Avec la reconstruction d’UP#3 sur la plage, les Havrais s’apprêtent à redécouvrir l’une des œuvres phares d’Un Été au Havre 2017. Pas pour une saison mais de façon pérenne. Daniel Baumann, son co-concepteur, réagit.

 

  • uneteauhavre2018.fr : Tout d’abord, comment répond l’artiste à l’appropriation immédiate d’UP#3 par les Havrais en 2017 ?

Daniel Baumann : Pour Sabina Lang (l’autre conceptrice de l’œuvre) et moi-même, c’est à la fois un plaisir et un honneur, d’autant plus que la sculpture a trouvé tardivement son emplacement sur la plage, dans la perspective de la Porte Océane. Notre idée originelle était, comme pour nos autres réalisations, d’accrocher cette structure comme excroissance d’un bâtiment Perret. Il n’y avait pas d’alternative. Mais devant la difficulté technique, et le risque de perte de substance de l’œuvre que cela impliquait, nous avons dû adapter notre approche en l’espace de quelques jours.

 

  • uneteauhavre2018.fr: Comment s’est déroulé ce processus et quel a été son impact sur le sens d’UP#3 ?

D.B. : Après un an de travail, il a fallu changer d’optique. En un week-end, nous avons redessiné l’œuvre après avoir découvert le site sur la plage. Notre objectif était qu’UP#3 propose de nombreux points de vue à ses spectateurs quelle que soit la direction d’où ils viennent. La proposition a été adoptée et le chantier a été lancé. Notre sculpture laisse toute leur liberté d’interprétation aux visiteurs. Il n’y a pas d’écriture cachée, aussi sommes-nous ravis d’entendre les Havrais se prêter à des théories sur sa signification, ce qui prouve qu’ils se sont appropriés UP#3 dans sa nouvelle configuration.

 

  • uneteauhavre2018.fr : Justement, pourquoi avoir détruit puis reconstruit la sculpture ?

D.B. : L’œuvre devait être éphémère et ne durer que le temps des festivités liées aux 500 ans du Havre. Le choix de la Ville de pérenniser cette création – comme plusieurs autres – nécessitait de la reconstruire en dur, ce qui n’était évidemment pas le cas l’an dernier. De manière évidente, le choix du béton s’est imposé puisque c’est le matériau de reconstruction du Havre, aussi très présent sur le port. Nous avons participé au choix du béton définitif, de sa couleur et des techniques de réalisation qui permettront à UP#3 de durer dans cet environnement particulier qu’est le bord de mer. Le résultat devrait permettre aux Havrais de profiter longtemps de la sculpture qui semble émerger des galets de manière spontanée. Ce lien évident avec les éléments et son environnement colle d’ailleurs très bien à la thématique choisie par Jean Blaise pour Un Été au Havre 2018 (l’eau, l’air, la terre, le feu).

 

Vincent Quoniam, responsable du chantier pour GTM Normandie Centre
Le groupe Vinci est mécène de l’œuvre imaginée par Lang/Baumann. Nous avions réalisé les fondations de la sculpture en 2017 et nous reconstruisons cette fois l’ensemble d’UP#3 en béton. La formule de béton choisie est le fruit de contraintes très particulières comme la résistance aux embruns et à l’air salin. Le béton devait aussi pouvoir garder sa couleur. Ce béton architectonique, entièrement blanc, sera couvert d’un vernis de protection. Pour le coulage du béton, nous avons également adopté des techniques particulières qui permettent d’éviter les reprises apparentes : concrètement, on ne verra quasiment aucun raccord entre les différentes pièces de la sculpture. Les Havrais pourront redécouvrir l’œuvre intégrale fin juin, au terme des différentes étapes de séchage nécessaires à sa réalisation.

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