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LA NAISSANCE D’UNE VILLE-PORT
Le 7 février 1517, François Ier ordonne la création d’un port fortifié au « lieu de Grasse » puis signe, le 8 octobre de la même année, les chartes de fondation de la ville. L’envasement de l’estuaire de la Seine, conjugué aux ambitions territoriales et à l’essor commercial, nécessite la création d’un nouveau port pouvant développer les opportunités économiques et répondre aux besoins défensifs du royaume.

Le site d’implantation du nouveau port, au nord de l’embouchure de la Seine et déjà connu sous le nom de Havre de Grâce, est choisi pour des raisons stratégiques. Autour d’une petite crique qui deviendra l’actuel bassin du Roy et du « grand quai » (futur quai de Southampton), François Ier confie à l’architecte italien Girolamo Bellarmato un projet urbain qui dessinera les prémices du centre-ville actuel.

AMÉNAGEMENTS URBAINS, DÉVELOPPEMENT MARITIME ET PROSPÉRITÉ
À partir du XVIIIe siècle, le port militaire décline au profit du commerce maritime. Cette croissance encourage la construction d’une ville neuve au nord et le percement de bassins dédiés au négoce, sur les plans de l’architecte-ingénieur François-Laurent Lamandé. Sous la pression d’un centre toujours surpeuplé, l’arasement définitif des enceintes, remplacées par de grands boulevards et par une ceinture de forts de type Vauban sur les hauteurs, est décidé sous le Second Empire.

Le Havre connaît alors un siècle d’âge d’or porté par la Révolution industrielle et le trafic des matières premières, tandis que les paternalistes sociaux immigrés de l’Est de la France, contribuent au développement urbain, social, politique, économique et culturel de la ville et du port. Le front de mer s’urbanise, porté par la mode des bains de mer, pour faire du Havre, au début du XXe siècle, une véritable station balnéaire. Le transport des passagers n’est pas en reste, avec l’essor des grands paquebots transatlantiques qui relient Le Havre à New-York.

DESTRUCTIONS ET RECONSTRUCTION
Le bilan de la Seconde Guerre mondiale fait du Havre une des villes les plus sinistrées d’Europe : l’occupation allemande, mais surtout les bombardements alliés des 5 et 6 septembre 1944, anéantissent le centre-ville et provoquent plusieurs milliers de morts et près de 80 000 Havrais sinistrés.

Le projet de reconstruction institué sous l’égide du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme est confié à l’architecte Auguste Perret. Au sein de son atelier regroupant une centaine d’architectes, il applique les principes du classicisme structurel, alliant utilisation du béton armé à un vocabulaire classique. Le Havre devient alors un véritable laboratoire urbain, unique en son genre par son étendue exceptionnelle et ses procédés urbanistiques avant-gardistes. Des édifices de premier plan voient alors le jour ; l’église Saint-Joseph, l’Hôtel de Ville, les Immeubles Sans Affectation Individuelle (ISAI) qui bordent sa place, la Porte Océane ou encore le Front de mer Sud.

LE MAGNÉTISME DU GESTE ARCHITECTURAL
Dans la lignée de cette ambitieuse reconstruction, Guy Lagneau et Jean Prouvé pour le Musée d’art moderne, Othello Zavaroni pour le Palais de la bourse (aujourd’hui casino), Guillaume Gillet pour la passerelle du bassin du Commerce, Georges Candilis pour l’immeuble de la Résidence de France, prolongeront l’œuvre de Perret. Mais c’est bien sûr le théâtre d’Oscar Niemeyer, inauguré en 1982, aujourd’hui réhabilité en bibliothèque et Scène Nationale, qui parachèvera la reconstruction : la poésie des courbes de l’architecte brésilien dialoguent alors avec l’orthogonalité du maître du classicisme structurel.

Cette tradition d’excellence architecturale, qui a permis l’inscription du centre reconstruit du Havre sur la liste du Patrimoine mondial par l’UNESCO en 2005, perdure encore aujourd’hui avec nombre de signatures renommées depuis les années 2000 ; René et Phine Weeke Dottelonde, Charlotte et Alberto Catani, Paul Chemetov, Jean Nouvel, l'agence Reichen et Robert ou encore le paysagiste Michel Desvigne, font de la cité océane un terreau fertile pour l'urbanisme et l'architecture contemporaine.

Image : Héliogravure de P. Dujardin d’après Jérôme Cock, Vue du Havre, 1553, dans Le Havre d'autrefois, le Havre, Imprimerie du Commerce, 1883, en face de la page 51. Bibliothèque municipale du Havre, R 130.

Quelques dates clés

  • Octobre 1517 : François Ier signe les chartes de fondation de la ville 
  • 5 et 6 septembre 1944 : les bombardements alliés anéantissent le centre-ville, plusieurs milliers de Havrais trouvent la mort et près de 80.000 sont sinistrés
  • 2005 : inscription du centre reconstruit du Havre sur la liste du Patrimoine mondial par l’UNESCO
  • 2017 : Le Havre a 500 ans
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