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Sculpteur - Peintre

Né à Ourinhos (Brésil)
Vit à São Paulo

Racines tentaculaires, qui s’étendent à travers les lieux d’exposition ; bâtiments et meubles boursouflés, déversant leurs tumeurs de bois…
L’art d’Henrique Oliveira prolifère, porteur de vie et inquiétant à la fois.

Ses peintures, qu’il produit depuis ses débuts, semblent présenter les vues d’un vivier foisonnant, constitué d’éléments colorés qui cohabitent ou s’entrechoquent, à la manière des cellules qui habitent le corps. Puis, il y a ces sculptures et ces installations si mémorables, toutes reconnaissables par l’utilisation de morceaux de bois aux formes irrégulières, aux teintes passées. Ceux-ci sont issus de plaques de bois appelées « tapumes », un matériau bon marché qui tapisse les rues de Sao Paulo, utilisé pour dissimuler les chantiers à la vue des passants. Ce bois nourrit la plupart des créations de l’artiste, originaire du Brésil. Les habitués du Palais de Tokyo auront sans doute à l’esprit Baitogogo, qui déformait une partie de la structure et des angles droits du bâtiment parisien en 2013. Réintroduisant, de façon spectaculaire, des contours noueux et naturels au sein d’un espace très calibré.

Au fil des ans, les installations produites par Henrique Oliveira ont dépeint une nature de plus en plus envahissante, jusqu’à se confondre avec l’ossature des bâtiments, ou à y dessiner des tunnels alambiqués et pénétrables. Elles ne dialoguent pas seulement avec l’architecture ; elles y prennent corps.  Car le bois, sous l’impulsion de cet artiste, semble bel et bien vivant. Il s’étire, se tord ; il gonfle, et déborde. Parfois, il se fait même liquide. Comme s’il révélait la part organique que contiendrait l’objet ou le lieu ; l’incontrôlé devient alors effrayant et fascinant.

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